Quotidien Shaarli
February 4, 2018
Depuis cinq ans, la start-up française Qwant se démène pour réussir son pari fou : s'imposer comme une alternative respectueuse de la vie privée face à l'empire de Google. Son fondateur et PDG, Eric Léandri, s'est confié auprès de L'Usine Digitale sur la réussite teintée de frustration de son entreprise. 2018 sera pour Qwant une année déterminante, avec en ligne de mire l'obligation d'atteindre une reconnaissance internationale.
On trouve souvent des contenus numériques gratuitement accessibles, librement utilisables et réutiisables mais avec une règle supplémentaire : pas d'utilisation commerciale autorisée. C'est par exemple le cas, dans la galaxie Creative Commons, des licences marquées NC (Non Commercial). Mais beaucoup d'autres licences ad hoc reprennent cette idée. En revanche, les logiciels libres comme le projet GNU, ou bien une encyclopédie comme Wikipédia, n'empêchent pas l'utilisation commerciale. Pourquoi est-ce eux qui ont raison ?A priori, cette interdiction d'utilisation commerciale est le bon sens même. Un auteur (de logiciel, de textes ou d'images, peu importe) travaille dur pour produire un contenu, qu'il permet ensuite au peuple de télécharger et d'utiliser gratuitement et sans formalités. Il ne veut pas que la Fédération du Commerce s'en empare et se fasse du fric avec son travail, alors qu'elle-même n'a rien fait. C'est ce raisonnement que se tiennent un certain nombre d'auteurs. C'est encore plus net s'ils ont des idées politiques de gauche : « je souhaite que ce travail circule en dehors du système capitaliste, et voilà pourquoi j'interdis toute utilisation commerciale ». (Notons que d'autres auteurs, n'ayant pas les mêmes convictions politiques, interdisent l'utilisation commerciale par les autres, mais en font eux-même, par exemple en produisant une version gratuite et une version qu'ils vendent. J'y reviendrai.)